Système prostitueur : après l’abolition citoyenne, l’abolition législative !

Samedi dernier à la Machine du moulin rouge à Paris, 500 abolitionnistes se sont réuni-e-s pour l’abolition citoyenne du système prostitueur aux côtés des 54 associations organisatrices du collectif Abolition 2012, dont le Planning Familial de Paris, qui venait juste d’annoncer son soutien !ABolition

De nombreuses personnalités publiques et politiques, de France et de l’étranger sont venues apporter leur soutien à la déclaration citoyenne d’abolition qui a été lue en public. A cette occasion, Harlem Désir (PS),  Pierre Laurent (PC), et Martine Billard (PG) ont formellement engagé leurs partis politiques en soutien d’une loi globale abolitionniste incluant l’interdiction de l’achat de tout acte sexuel. Avec l’UDI, qui s’est prononcé le 8 mars 2013 pour la reconnaissance de la prostitution comme une violence et l’inversion de la charge pénale, quatre partis politiques français appellent désormais à l’adoption rapide d’une loi globale abolitionniste.

A leurs côtés, Françoise Héritier, Benoît Hamon, Roselyne Bachelot, Blandine Métayer, ou encore Eva Darlan et Coline Serreau sont venu-e-s rappeler que l’abolition du système prostitueur rassemblait de nombreuses personnes aux parcours et milieux différents.

MMR2Plusieurs survivantes de la prostitution sont également venues témoigner de la nécessité URGENTE de l’adoption de cette loi, et de l’importance pour elles, et pour toutes les personnes en situation de prostitution, de se sentir soutenues par un large mouvement citoyen.

Cette après-midi pour l’abolition citoyenne a été un grand succès, montrant l’ampleur du mouvement en faveur d’une loi qui permette enfin de se donner les moyens d’en finir avec cette violence qu’est la prostitution. La balle est maintenant dans le camp des législateurs qui ont entendu cette urgence, nous serons là pour leur rappeler qu’il faut mettre fin à l’exploitation sexuelle, indigne d’une société humaine, féministe et d’égalité ! 

Le collectif Abolition 2012
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Citations des internvenant-e-s :
Blandine Métayer, auteure : « Là-aussi la honte doit changer de camp, c’est aux clients et aux proxenetes d’avoir honte ! »
Emmanuel Zemmour, Président de l’Unef : « L’UNEF est abolitionniste car féministe »
Marie-George Buffet, députée PC : » S’il y a un courage politique et donc une proposition de loi, il faudra que l’opinion publique reste mobilisée »
Maud Olivier, députée PS : « Il faut que nous bâtissions une loi cohérente et construite ».
Laurence Noëlle, survivante de la prostitution : « Je veux faire passer un message aux travailleurs sociaux : Ouvrez les oreilles »
Harlem Désir, Premier secrétaire du PS : » La prostitution est une atteinte
insupportable à la dignité humaine »
Roselyne Bachelot, ancienne ministre : « Je suis abolitionniste car (…) le droit protège et la liberté contraint »
Stella Marr, directrice du réseau international de survivantes SexTrafficking Survivors United  : « Tant que des hommes voudront acheter les corps des femmes, il y aura des proxénètes »
Benoît Hamon : « Je suis abolitionniste car je n’accepte pas le commerce des femmes et de leur corps »
Kajsa Ekis Ekman, auteure suédoise : « 10 ans après sa mise en oeuvre, l’abolitionnisme suédois a fonctionné ! 80% des Suédois sont favorables à la loi. »

Communiqué de presse : 13 avril 2013 Abolition citoyenne du système prostitueur

Capture d’écran 2013-03-10 à 11.00.3054 associations féministes, rejointes par des personnalités publiques et politiques organisent un événement d’abolition du système prostitueur samedi 13 avril 2013 à la Machine du Moulin Rouge de 14h à 18h.

67 ans jour pour jour après la fermeture des maisons closes, et 2 ans après la publication du rapport d’information parlementaire sur les politiques publiques en matière de prostitution, associations et personnalités rappelleront que tout acte sexuel imposé par l’argent constitue en soi une violence.Cet événement engagera un mouvement citoyen pour l’adoption d’une loi globale d’abolition du système prostitueur.

  • La prostitution est la dernière des violences des hommes contre les femmes qui pénalise les victimes au lieu des auteurs.
  • Les politiques publiques en matière de prostitution sont profondément incohérentes, injustes et n’offrent aucunes alternatives réelles aux personnes prostituées.

La violence prostitutionnelle est largement banalisée dans la société et les médias. L’abolition de la prostitution n’est pas une utopie. Elle est « la réalité de demain ». L’abolition de l’esclavage ne l’a pas fait disparaître, mais elle a engagé toute la société contre ce système d’exploitation des êtres humains. De même, l’abolition du système prostitueur ne fera pas disparaître la prostitution du jour au lendemain, mais elle engagera toute la société auprès des personnes prostituées et contre ce système.
L’abolition du système prostitueur n’est donc pas une finalité mais un point de départ pour qualifier enfin la violence de tout acte sexuel imposé par l’argent, engager la responsabilité pénale de ceux qui en tirent profit et offrir de vraies alternatives à celles et ceux qui veulent s’en extraire.

Téléchargez ici notre dossier de presse : https://abolition13avril.wordpress.com/dossier-de-presse/

pour s’inscrire à l’événement (obligatoire) : http://www.emailmeform.com/builder/form/ff6Hg04w82bU8y72Q
Contact presse :
Claire Serre-Combes : 06 81 87 31 14    Elise Guiraud : 01 42 70 77 79

Communiqué d’Abolition 2012 : non au saucissonage !

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Proposition de loi « Benbassa » visant l’abrogation seule du délit de racolage

53 associations se prononcent :
CONTRE la stratégie du saucissonnage favorisant la thèse du « travail sexuel » !

POUR une refonte globale, cohérente et transpartisane des politiques publiques en matière de prostitution incluant l’abrogation du délit de racolage !

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Paris, le 22 mars 2013
Nos 53 associations de soutien aux personnes prostituées, de lutte contre les violences faites aux femmes et de promotion de l’égalité femmes-hommes sont toutes favorables à l’abrogation du délit de racolage. Elles dénoncent cependant la logique d’abrogation seule du délit de racolage proposée par la proposition de loi examinée au Sénat le 28 mars.
En effet, l’abrogation seule du délit de racolage ne règlera aucunement la question de la précarisation des personnes prostituées. Par ailleurs, elle fragilise quatre années d’efforts associatifs et de travail transpartisan au niveau parlementaire et gouvernemental visant à reconnaître enfin la violence que constitue la prostitution et la nécessité d’adopter des politiques publiques globales et cohérentes en la matière.
Dans ce contexte, et alors que plusieurs travaux parlementaires sont encore en cours à l’Assemblée nationale (délégation aux droits des femmes) et au Sénat (commission Affaires sociales et Délégation aux droits des femmes), la stratégie d’adoption précipitée d’une loi d’abrogation seule du délit de racolage révèle la volonté de mettre à mal la construction d’une politique globale et abolitionniste en France.
La sénatrice Esther Benbassa (EELV) à l’origine de la proposition de loi ne cache d’ailleurs nullement son engagement pour la reconnaissance du « travail sexuel » et contre la pénalisation des clients,  ni son soutien financier, sur sa réserve parlementaire, au STRASS, lobby pro-prostitution qui milite notamment pour la « décriminalisation du travail sexuel » mais aussi contre la reconnaissance de la prostitution comme une violence, contre l’interdiction de tout achat d’un acte sexuel mais aussi pour l’abrogation des lois de lutte contre le proxénétisme[1].
Nos associations rappellent que :
– La prostitution s’inscrit dans une longue tradition patriarcale de mise à disposition du corps des femmes au profit des hommes (droit de cuissage, viol, viol conjugal, harcèlement sexuel) et constitue, en soi, un obstacle à l’égalité.
– La répétition d’actes sexuels jamais désirés car imposés par l’argent et la précarité est, en soi, une violence.
– La marchandisation de l’accès au corps et à la sexualité de l’autre est incompatible avec le respect de la dignité de la personne humaine.
C’est pourquoi, nos associations, tout comme le Rapport d’information parlementaire sur la prostitution en France (2011), insistent sur la nécessité d’adopter enfin une politique globale et respectueuse de l’engagement international abolitionniste de la France. Cette politique devrait s’articuler autour de quatre axes :
I- De véritables alternatives à la prostitution, y compris pour les personnes étrangères.
II- L’ inversion de la charge pénale : une exigence de justice et de protection des femmes !
III- Le renforcement de la politique pénale de lutte contre le proxénétisme.
IV- Une politique ambitieuse d’éducation à l’égalité et à la sexualité, de prévention et d’information.
[1] Positions publiques du STRASS en matière de proxénétisme :
« Cela inclut donc d’abroger les lois sur le racolage et le proxénétisme qui nous empêchent d‘organiser notre travail »
« La pénalisation du proxénétisme est surabondante et ne sert qu’à stigmatiser les travailleurSEs du sexe. L’application du droit commun permettrait le rétablissement des travailleurSEs du sexe dans leurs droits fondamentaux. »
Mouvement du Nid, Fondation Scelles, Amicale du Nid, EluEs Contre les Violences faites aux Femmes, regards de femmes, Assemblée des Femmes, Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes, Osez Le Féminisme, Femmes pour le Dire Femmes pour Agir, Conseil National des Femmes Françaises, Choisir la cause des femmes, L’égalité c’est pas sorcier, Femmes solidaires, Clara Magazine, CATW Europe, Réseau féministe «Ruptures», Mémoire traumatique et victimologie, Femmes en résistance, Commission genre et mondialisation d’ATTAC, Solidarité femmes, Le monde à travers un regard, CRIFIP, Association française des Femmes de Carrières Juridiques, Les Trois Quarts Du Monde, Lobby européen des femmes, Espace Simone de Beauvoir, Équipes d’action contre le proxénétisme, Collectif alouette, Collectif Féministe Contre le Viol, L’escale, Mouvement des Jeunes Femmes, Association Contre la Prostitution des Enfants, Collectif National Droits des Femmes, Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception, Collectif Fièr-e-s et révolutionnaires du PCF, SOS les mamans, CNIDFF, Mouvement national le CRI, Comité permanent de liaison des associations abolitionnistes du proxénétisme, ZéroMacho, Marche Mondiale des Femmes, Zonta Club de France, Association Femmes Libres, Collectif lesbiennes-féministes-ba-ham, Chiennes de garde, CLF, SOS Sexisme, Association FIT une femme un toit, Collectif les moutons noirs, Collectif Encore féministes !, Les efFRONTé-e-s, Réseau Rajfire, AVFT, Fédération National GAMS, MUE, Maison des femmes.

Rendez-vous le 13 avril pour l’abolition citoyenne du système prostitueur !

Le collectif Abolition 2012 organise le 13 avril de 13h30 à 18h un événement à la Machine du moulin rouge à Paris pour construire ensemble une société sans prostitution et obtenir l’adoption d’une loi d’abolition du système prostitueur. De nombreuses personnalités viendront exprimer pourquoi, comme nous, elles pensent que l’abolition, c’est la seule solution, pour mettre fin à cette violence qu’est la prostitution !

Inscription nécessaire : http://www.emailmeform.com/builder/form/ff6Hg04w82bU8y72Q

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